La crue de la Moselle de novembre 2023

Lors de la crue de la Moselle de novembre 2023, le PIERRE-LA-TREICHE a dû être déplacé de son amarrage habituel pour ne pas… se retrouver à sec ! En effet, le niveau de la rivière montant, le bateau aurait pu toucher le fond là où il est stationné ; c’est plutôt contre-intuitif, mais on va vous expliquer pourquoi.

 

Depuis son retour de chantier en mai 2021, le PIERRE-LA-TREICHE est amarré à Toul, au quai du silo de la Coopérative Agricole Lorraine (CAL) ; à cet endroit, jusqu’en 2014, il était encore courant de voir des péniches charger du blé, essentiellement à destination des Grands Moulins de Strasbourg, mais désormais ce silo n’utilise plus le transport par voie d’eau. Voies Navigables de France (VNF) a donc accordé l’autorisation à notre association d’y laisser le bateau ; il faut dire que c’est un endroit calme du point de vue navigation, puisque seuls passent par là les bateaux de plaisance qui ont franchi l’écluse n°53 (au niveau du pont de la RD400) et se dirigent vers le canal des Vosges et ceux qui, dans l’autre sens, vont continuer vers la Moselle ou prendre le canal de la Marne au Rhin (quand on vous dit que Toul est un carrefour fluvial !).

 

Le PIERRE-LA-TREICHE à son emplacement habituel.

 

Cette dérivation dans laquelle se trouve le bateau est reliée à la Moselle, côté amont, au niveau du pont de Chaudeney. Et c’est le barrage de Chaudeney, sur la rivière, qui permet de régler le niveau du plan d’eau de l’écluse de Toul à celle de Villey-le-Sec. Après plusieurs semaines bien pluvieuses cet automne, la Moselle a atteint un pic le 15 novembre, comme on peut le voir sur ce graphique présentant les débits en fonction de la date à la station hydrométrique de Toul :

 

Quand le débit de la rivière augmente, le barrage de Chaudeney s’ouvre pour laisser passer plus d’eau, et ainsi le niveau de la Moselle navigable ne monte pas trop, la navigation reste possible et les riverains sont protégés des inondations. Arrivé à un certain point, en prévision de la hausse du niveau d’eau à l’amont du barrage, il faut l’ouvrir entièrement, ce qui, dans un premier temps, fait baisser le niveau du bief compris entre les écluses de Villey-le-Sec et Toul. Et c’est là qu’était le danger pour le PIERRE-LA-TREICHE : si le débit de la rivière avait continué à augmenter et qu’il avait fallu ouvrir le barrage, il niveau de l’eau aurait aussi baissé dans la dérivation où il est amarré, et il aurait pu poser à sec sur le fond du canal. Voici un extrait de carte IGN avec les principaux ouvrages concernés : barrage de Chaudeney en haut à droite, écluse de Toul à gauche.

 

 

Pour parer tout risque pour la péniche, Voies Navigables de France (VNF) nous a donc demander le déplacer le bateau ; il ne s’agissait pas d’aller bien loin, seulement de passer l’écluse n°53 et de s’amarrer à l’aval : en effet, ce bief qui mène à l’écluse de Fontenoy-sur-Moselle est entièrement en dérivation, sans lien avec la Moselle, donc son niveau ne varie pas. Ça représente un trajet de 400 mètres environ, pas énorme, mais pour ne pas avoir à démarrer le moteur sur cette distance nos courageux bénévoles ont décidé de tirer le PIERRE-LA-TREICHE à la force des bras, comme au temps du « halage à la bricole », quand les péniches alors non motorisées étaient tirées depuis la berge. Voici l’article paru dans l’édition de Pont-à-Mousson – Toul du journal « L’Est Républicain » du vendredi 24 novembre 2023, relatant cette aventure et le retour du bateau à son quai habituel, quelques jours plus tard :

 

 

Bravo et merci à nos chers bénévoles pour ce travail !